Quand quelqu'un franchit ma porte pour une première séance, je sais presque toujours ce qu'il ou elle porte avec lui : une curiosité mêlée d'une légère méfiance. Parfois une franche inquiétude.
"On va me faire faire des choses ridicules ?" "Je vais m'endormir et ne plus contrôler ce que je dis ?" "Et si je ne me réveille pas ?"
Ces questions — je les entends régulièrement. Et je les comprends. L'hypnose a longtemps été présentée comme un spectacle, une démonstration de pouvoir, quelque chose d'un peu inquiétant. Les films n'ont pas aidé.
Alors voici ce que je leur réponds, avec la même franchise que je mettrais dans une conversation autour d'une table.
Idée reçue n°1 : "On perd le contrôle sous hypnose"
C'est sans doute la crainte la plus répandue. Et elle est fondée sur une image bien précise : le sujet "hypnotisé" qui obéit aveuglément à l'hypnotiseur, dit n'importe quoi, fait n'importe quoi.
Sauf que ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
Sous hypnose thérapeutique, vous restez pleinement conscient. Vous entendez ce que je dis, vous pouvez ouvrir les yeux quand vous le souhaitez, et vous ne direz jamais rien que vous ne voulez pas dire. Votre inconscient, lui, choisit lui-même ce qu'il veut bien laisser remonter — et c'est souvent là que se trouvent les ressources dont vous avez besoin.
Dans la méthode SAJECE, que je pratique, nous travaillons avec la personne, pas sur elle. Il n'y a pas de pouvoir d'un côté et de soumission de l'autre. Il y a une collaboration.
Idée reçue n°2 : "Certaines personnes ne peuvent pas être hypnotisées"
Faux. Tout être humain expérimente des états hypnotiques naturellement dans sa journée : juste avant de s'endormir, en conduisant un trajet habituel "en pilote automatique", en étant absorbé par un livre ou un film.
L'hypnose thérapeutique, c'est simplement apprendre à entrer dans cet état de façon intentionnelle, guidée, dans un but précis.
Certaines personnes arrivent plus facilement que d'autres à cet état lors de la première séance — c'est normal. Ça dépend du niveau de confiance, du stress du moment, du contexte. Ce n'est pas une question de volonté ou d'intelligence.
Idée reçue n°3 : "L'hypnose, c'est pour arrêter de fumer, c'est tout"
L'hypnose est effectivement connue pour son efficacité dans les addictions (tabac, mais aussi sucre, grignotage, alcool). Mais elle peut aider dans des domaines bien plus larges.
En dix ans de pratique, j'ai accompagné des personnes pour :
- Des angoisses et phobies (transports, social, médical...)
- Des troubles du sommeil chroniques
- Des douleurs persistantes
- Des schémas répétitifs dans les relations (perfectionnisme, plaire à tout le monde...)
- Des difficultés à prendre des décisions
- Des préparations à un accouchement, une opération, un examen
- Des deuils non élaborés
- Et bien d'autres choses encore
La puissance de l'hypnose, c'est qu'elle s'adresse à la source du problème — pas seulement au symptôme visible.
Idée reçue n°4 : "C'est dangereux de 'rouvrir des blessures'"
Je comprends cette inquiétude. Et elle est légitime si on parle de certaines approches qui travaillent en remontant directement à des traumas.
La méthode SAJECE est différente. Elle ne cherche pas à faire revivre les événements douloureux. Elle cherche à déprogrammer des perceptions obsolètes — ces croyances inconscientes qui s'étaient installées pour nous protéger à un moment donné, mais qui ne nous servent plus (et nous limitent même).
Concrètement : pas besoin de "tout déballer" ni de revivre une scène difficile. L'inconscient sait très bien ce qu'il veut bien montrer ou transformer.
Idée reçue n°5 : "Les effets ne durent pas"
C'est souvent le cas lorsqu'on n'a fait qu'une seule séance "express" — sans vraiment travailler la cause profonde.
Lorsqu'on travaille en profondeur sur la source du problème, les changements s'intègrent différemment. Ils ne disparaissent pas du jour au lendemain. Parce qu'ils ne sont pas de la suggestion superficielle : ils sont le fruit d'un vrai travail intérieur.
Certains patients observent un changement après une seule séance. D'autres ont besoin de plusieurs séances, selon la profondeur de ce qu'on explore. Je suis honnête avec chaque personne sur ce point dès le départ.
Envie d'en parler ?
Si vous avez d'autres questions — sur ma pratique, sur la méthode SAJECE, ou simplement pour savoir si l'hypnose pourrait vous aider — contacter moi.
